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Moins d’un quart, c’est la proportion de femmes ingénieurs sur les 809 000 exerçant ce métier aujourd’hui en France. Malgré une faible féminisation des formations ingénieures enregistrée ces dernières années (+4,7 points en 15 ans), la part des femmes élèves-ingénieurs reste infime. Une situation qu’Orosound et l’Université du Mans souhaiteraient endiguer en lançant la première bourse visant à promouvoir le métier d’ingénieur en acoustique auprès des femmes.

 

Femme ingénieur : une population encore minoritaire

« Ingénieur, c’est un métier d’homme ». C’est le triste cliché que cherche à combattre l’initiative femme ingénieure depuis sa création en 2015. Dans les faits, c’est encore vrai, les femmes fréquentent peu les écoles d’ingénieurs. Selon une étude de la CDEFI (Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises d’Ingénieurs) réalisée en 2017, seuls 47% des terminales S sont des femmes. Dans l’enseignement supérieur, la part des effectifs féminins dans les disciplines scientifiques diminue davantage. Ainsi, les femmes représentaient seulement 28 % de l’effectif total d’élèves-ingénieurs en 2016-2017, avec 39 264 étudiantes inscrites.

Les dernières statistiques enregistrées par l’IESF (Société des ingénieurs et scientifiques de France) offrent un aperçu général de la profession d’ingénieur en 2016. Sur les 809 000 ingénieurs en activité, on compte seulement 20 % de femmes ingénieurs. Plus marquant encore, on observe une répartition inégale des femmes dans les différents secteurs de l’ingénierie. Particulièrement présentes dans l’industrie agroalimentaire, l’enseignement/recherche, l’industrie pharmaceutique et l’agriculture, elles continuent à déserter les secteurs de l’aéronautique, du génie physique et aussi de l’ingénierie acoustique.

 

Trop peu de femmes ingénieurs en acoustique

Casques audio, chaînes Hi-Fi ou enceintes Bluetooth sont utilisés chaque jour par des milliards de personnes. Le métier derrière la conception de ces objets est pourtant très peu connu du grand public. Souvent confondu à tort avec l’ingénieur du son, l’ingénieur acousticien associe plusieurs domaines d’expertise pour réaliser ses missions : l’électronique, la mécanique, la physique et bien sûr l’acoustique. Profils encore rares et très sollicités sur le marché, les grandes boites de l’audio viennent aujourd’hui recruter leurs talents en électro-acoustique en France, réputée pour l’excellence de sa formation.

Mais, dans ce secteur, « les femmes sont fortement sous-représentées » déplore Manuel Melon, responsable du réputé International Master’s Degree in Electroacoustics (IMDEA) à l’Université du Mans. Depuis sa création en 2012, seules 5 femmes contre 53 garçons ont été diplômées de ce Master, soit un ratio de 8.5% des effectifs.

 

Une bourse pour encourager les étudiantes en acoustique

Promouvoir le métier d’acousticien auprès des femmes, c’est le pari lancé par la société Orosound qui a créé, en partenariat avec la fondation EMV et l’IMDEA de l’Université du Mans, une bourse à destination des étudiantes.

 

L’objectif : promouvoir la femme ingénieur

C’est le Master IMDEA de l’Université du Mans qui a été choisi par Orosound pour établir un partenariat. Disposant du plus grand laboratoire acoustique d’Europe, il offrira aux femmes ingénieurs une formation d’excellence en ingénierie acoustique. Pour Manuel Melon, coordinateur de l’IMDEA, « une bourse dédiée aux femmes permettrait d’initier une dynamique d’équilibre des genres dans notre formation. La start-up Orosound, qui promeut fortement les valeurs d’innovation et de bien-être au travail, est donc un partenaire naturel pour le financement de cette bourse ». La carence des femmes dans ce corps de métier, la société Orosound y a également été confrontée. Attachée à la parité dans le monde du travail, elle aimerait pouvoir compter au nombre de ses membres davantage de femmes ingénieurs en acoustique.

« En tant qu’entreprise experte en acoustique et machine learning, nous sommes régulièrement amenés à embaucher des ingénieurs. En pratique, on s’est heurté à un triste constat : il très difficile d’embaucher une femme ingénieur. Nous avons donc décidé de prendre le problème en amont, de proposer une solution concrète à cette question. Avec une bourse qui promeut l’accès des femmes à un diplôme d’excellence en ingénierie acoustique, nous espérons offrir à la femme ingénieur de belles perspectives dans ce secteur », Pierre Guiu, Président d’Orosound.

 

Étudiantes en électroacoustique : comment obtenir cette bourse ?

Soucieuse d’inciter les femmes ingénieurs à incarner les métiers de l’ingénierie acoustique, la société Orosound met à leur disposition une bourse de 7000 euros annuels pour accéder à la formation en électroacoustique. A partir de 2019, les étudiantes acceptées au IMDEA (candidatures à déposer sur le site de l’Université entre le 15 janvier et le 31 juin) seront invitées à effectuer leur demande de bourse lors de l’inscription au Master. La décision d’attribution sera étudiée par un comité dès le mois de juillet.  

En plus de proposer une solution concrète pour favoriser l’insertion des femmes dans ce milieu professionnel, cette initiative positive espère constituer un exemple pour la recherche de la parité dans l’environnement de travail.